EIP

Samedi 26 janvier 2008

Quels aménagements pédagogiques ?

 

Décret du 24 août, Dispositifs d’aide et de soutien pour la réussite des élèves à l’école : « Tout au long de la scolarité primaire, des aménagements appropriés sont prévus au profit des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières qui montrent aisance et rapidité dans les acquisitions scolaires. Leur scolarité peut être accélérée en fonction de leur rythme d’apprentissage. »

 

Décret du 24 août, Dispositifs d’aide et de soutien pour la réussite des élèves au collège : « À tout moment de la scolarité, une aide spécifique est apportée aux élèves qui éprouvent des difficultés dans l’acquisition du socle commun ou qui manifestent des besoins éducatifs particuliers, notamment …des aménagements au profit des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières. En accord avec les parents ou le représentant légal, leur scolarité peut être accélérée en fonction de leur rythme d’apprentissage. Le cas échéant, ils peuvent bénéficier de toutes les mesures prévues pour les élèves qui rencontrent des difficultés. »

 

Lorsqu’un élève intellectuellement précoce est en souffrance, il convient de tout mettre en œuvre pour aménager sa scolarité. La première étape consiste à évoquer la question en provoquant une réunion d’équipe éducative, à laquelle est associée la famille. L’équipe éducative propose de mettre en place un programme personnalisé de réussite éducative (PPRE, Décret du 24-8-05). Le programme personnalisé définit l’ensemble des actions qui seront conduites pour répondre aux besoins éducatifs spécifiques de l’élève…Il prend appui sur un dispositif d’évaluation des compétences acquises et des difficultés à différents paliers de la scolarité (GS / CP, CE2, 6ème).

 

Il peut en outre comprendre un volet pédagogique individualisé, sous la forme d’un projet d’accompagnement de la scolarisation (PAS), qui définit les aménagements pédagogiques, l’enrichissement du parcours scolaire. Il implique un engagement de toute l’équipe éducative, coordonnée par le directeur d’école ou le chef d’établissement.

 

Ce projet individualisé :

-          est établi sur la base d’un diagnostic réalisé à partir des évaluations conduites au début de chaque cycle, par les membres de l’équipe enseignante ;

-          est élaboré en concertation avec l’élève et sa famille ;

-          prévoit des anticipations ou des enrichissements dans certains domaines, un soutien dans d’autres domaines et le cas échéant des aides spécialisées pour traiter les difficultés les plus lourdes

-          fait l’objet d’une évaluation régulière et de réajustements si nécessaire

 

Les élèves intellectuellement précoces pour lesquels l’équipe élabore un PAS peuvent se voir apporter diverses réponses, afin de construire un parcours individualisé, fondé sur un bon repérage des difficultés et des potentialités :

Adaptation des rythmes d’apprentissage aux besoins de chaque élève

-          Possibilité d’une certaine “ accélération ” des cursus : progresser à son rythme, à partir des compétences de fin de cycle

-          Élaboration de projets et d’emplois du temps individualisés contrat par période

-          Inscription dans une classe à cours multiples : souplesse dans l’organisation pédagogique

-          Possibilité de suivre certaines disciplines dans une autre classe

-          Augmentation de la quantité de travail dans les domaines de réussite

 

Offre d’itinéraires différenciés et de véritables possibilités “ d’enrichissement ” des contenus

-          Apports supplémentaires : aller plus loin dans le programme, acquérir des connaissances “supplémentaires ”, traiter des problèmes plus difficiles …

-          Activités prenant en compte les motivations des élèves et leurs questionnements, et faisant appel à leur autonomie, (recherches à présenter sous forme d’exposés,…)

-          Développer « toutes les intelligences » : éducation littéraire, scientifique, artistique…(itinéraires de découverte dans le second degré), classe bilangue

-          Activités péri-éducatives ; « jeux intellectuels fortifiants »

-          Vie citoyenne : délégué de classe

 

Apport, à tous les niveaux, d’une aide adaptée aux difficultés constatées:

-          Soutien et compensation dans des champs où des manques et des difficultés sont apparus

-          Tutorat entre élèves ou par un adulte

-          Groupes de compétences, notamment à partir des résultats aux évaluations nationales

 

Favoriser des modes de relations régulières avec l’élève et sa famille :

-          Espace de parole : désignation d’un tuteur adulte auprès duquel l’élève peut se confier (professeur principal ou autre) ; ce tuteur coordonne la mise en œuvre du PAS

-          Rôles respectifs du directeur d’école ou du chef d’établissement, des enseignants, du psychologue scolaire ou du COP, des partenaires extérieurs le cas échéant

-          Appui sur un dispositif d’évaluations des compétences régulières (GS-CP, CE2, 6ème,…)

 

L’implication de toute l’équipe éducative, rassemblée autour du projet d’école ou d’établissement coordonné par le directeur d’école ou le chef d’établissement, constitue un élément essentiel pour la réussite de la prise en compte des besoins éducatifs spécifiques des élèves intellectuellement précoces.

 

 

Bibliographie

Delaubier, Jean-Pierre. 2002. La scolarisation des élèves « intellectuellement précoces », http://www.education.gouv.fr/rapport/delaubier.pdf

Terrassier, Jean-Charles - Gouillou, Philippe. 2001. Guide pratique de l’enfant surdoué, ESF

Vrignaud, Pierre -Tazouti, Youssef - Flieller, André. 2005. Comparaison des relations entre l’éducation parentale et les performances scolaires dans deux milieux socio-culturels contrastés (populaire et non populaire). Revue Française de Pédagogie

Par Florence BARBE
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Samedi 26 janvier 2008

EIP : quels problèmes scolaires ?

 

Parmi les enfants intellectuellement précoces, une partie importante (deux tiers ?) ne pose pas de problème particulier. En revanche, les autres sont confrontés à des difficultés :

 

Quelques traits communs : des aptitudes, des caractéristiques correspondant aux aspects de l’intelligence évalués à travers le quotient intellectuel :

-          la mémoire ou la rapidité du traitement de l’information 

-          la mémoire de travail contient plus d’informations, la durée de stockage y est plus longue

-          la curiosité, l’aisance dans la communication orale, la richesse du vocabulaire, la capacité de s’approprier des connaissances par ses propres moyens …

 

Mais avant tout le constat de difficultés significatives dans le déroulement des parcours scolaires : soit des troubles comportementaux importants, soit des difficultés spécifiques dans les apprentissages scolaires, soit, plus globalement, un malaise, un “ mal-être ”, un sentiment d’ennui qui a pu les conduire à un véritable rejet de l’école.

Ces enfants sont susceptibles de rencontrer trois types de difficultés :

 

-          des difficultés liées à l’écart entre les aptitudes fortes dans certains champs d’activité intellectuelle et leur moindre aisance, voire leurs manques, dans d’autres domaines : déséquilibre entre les potentialités supérieures à la moyenne (par exemple, la richesse du vocabulaire, la lecture, la langue orale, la mémoire …) et des insuffisances marquées (l’écriture, la présentation des devoirs et des cahiers, les savoir-faire pratiques, la capacité à entrer en relation et à coopérer avec l’autre, l’organisation du travail, la maîtrise des gestes et des émotions, les activités physiques …)

 

-          une difficulté centrale : l’incapacité (ou la faible capacité) à s’adapter aux situations scolaires avec ses conséquences (isolement, ennui, rêverie, agitation, refus de l’école….) : attendre les autres, adopter une méthode,… Il est cependant évident que cette inadaptation peut prendre une intensité et une forme tout à fait différentes d’un enfant à l’autre en fonction de sa personnalité mais aussi des contextes scolaires (et autres) dans lesquels il évolue. L’attitude de l’enseignant et des parents, leurs relations, les choix pédagogiques et le type d’école ou d’établissement ont une influence déterminante.

 

-          des difficultés personnelles sans lien direct (au moins apparent…) avec les potentialités repérées à travers le quotient intellectuel : ces enfants sont, comme les autres, engagés dans une histoire affective et sociale.

 

 

On peut dire que l’examen de la situation de ces élèves révèle quatre besoins :

 

1.      Un besoin de reconnaissance : porter sur eux (comme sur tous les élèves “ un peu plus différents que les autres ”) un regard bienveillant et compréhensif. Ceci impose, en amont, un repérage précoce et une analyse juste de leur situation, si complexe soit-elle.

 

2.      Un besoin de prévention, de remédiation et, parfois, de soin

 

3.      Un besoin de motivation : qu’ils puissent trouver “ en classe ” des réponses aux questions qu’ils posent, des connaissances, mais aussi une aide et des stimulations. Il convient qu’il soient heureux d’aller à l’école.

 

4.      Un besoin d’équilibre : l’école doit aussi compenser leur tendance à surinvestir les domaines intellectuels. Pas à pas, ils doivent être accompagnés dans leur éducation sociale, physique, affective, morale. Ils ont à aller vers les autres, à apprendre à travailler avec eux, à découvrir l’importance de la vie corporelle, à constater la nécessité des savoir-faire pratiques et l’importance de l’intelligence du geste, à passer par le détour des méthodes et de l’organisation pour être plus efficaces, à se montrer capables de bien dessiner, de remettre aux autres des travaux propres et bien présentés.

Par Florence BARBE
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Samedi 26 janvier 2008

Qui sont-ils ? Repérage : quels indicateurs ? référence : rapport Delaubier Avril 2002

 

Elève qui manifeste la capacité de réaliser, dans un certain nombre d’activités, des performances que ne parviennent pas à accomplir la plupart des enfants de son âge, qui dispose, au moment de l’observation et dans les domaines considérés, d’aptitudes nettement supérieures à celles de la moyenne de sa classe d’âge. Ce concept est relatif puisqu’il dépend :

-          des domaines pris en compte (un enfant n’est pas “ surdoué ” de manière uniforme dans tous les champs d’activité),

-          et surtout du seuil que l’on fixera pour définir la population “ surdouée ” (10% des enfants obtenant les meilleures performances ? 5% ? 2% ? 1 % ?).

 

Le seul outil communément admis pour délimiter ce groupe d’enfants est le quotient intellectuel (QI) déterminé à partir de batteries de tests tels que le WISC. Un enfant est donc considéré comme appartenant à la population “ surdouée ”, si son quotient intellectuel a été reconnu exceptionnellement élevé à l’issue d’une évaluation rigoureuse conduite par un psychologue. Il faut souligner que le quotient intellectuel permet seulement de situer les performances d’un individu par rapport à celles de l’ensemble de la population de son âge. Il ne repose plus, comme lors de sa création, par l’allemand Stern, sur la notion d’âge mental. Le seuil de 130 est le repère le plus communément admis (ce qui représenterait autour de 2,3 % de la population, soit un peu moins d’une personne sur 40).

 

La référence au quotient intellectuel appelle un certain nombre de réserves : caractère réducteur, relatif et arbitraire, augmentation des performances aux tests au cours des générations, mesure du QI pas indépendante du contexte socioculturel.

 

Plus que d’identifier les élèves à haut quotient intellectuel, il s’agit de se montrer attentif à des profils complexes révélant la coexistence de signes de précocité ou d’aptitudes particulières et de difficultés à réaliser, à “ épanouir ” ces potentialités.

 

-          seuls les élèves intellectuellement précoces qui « posent problème », parce qu’ils se trouvent soit en difficulté scolaire, soit en souffrance personnelle, nécessitent des aménagements 

-          il est important d’identifier au plus tôt la précocité intellectuelle, et de l’objectiver : l’élève comprend pourquoi il est différent et comment il fonctionne ; son entourage met tout en œuvre pour favoriser sa stimulation intellectuelle (si possible diagnostic avant le cycle 3)

-          tous les acteurs engagés dans l’éducation peuvent contribuer à ce repérage : enseignants, enseignants spécialisés de RASED, psychologues scolaires et conseillers d’orientation psychologues, personnels de santé, …

 

Comme pour toutes les difficultés scolaires, le repérage dès l’école maternelle est la première condition d’une prévention efficace. Toutefois, ce repérage ne doit pas prendre la forme d’un dépistage systématique qui conduirait à faire passer des batteries d’épreuves telles que celles de Wechsler à tous les jeunes enfants. Il s’agit de se montrer attentif à des profils complexes révélant la coexistence de signes de précocité ou d’aptitudes particulières et de difficultés à réaliser, à “ épanouir ” ces potentialités. Si l’enseignant repère certains des indicateurs suivants, il peut penser nécessaire d’inciter la famille à faire effectuer un bilan le plus complet possible, par le psychologue scolaire ou libéral. C’est le croisement de plusieurs indices qui doit alerter. Ces indicateurs peuvent aussi révéler des besoins d’autres natures.

Par Florence BARBE
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