Jeudi 13 mars 2008
Tiré du Le Parisien, Le Figaro économie, Libération, L’Humanité, La Tribune, Les Echos, Le Nouvel Observateur numéro 2262

Le Parisien observe sur une page que « le ministre du Travail, Xavier Bertrand, veut lancer une enquête nationale sur l'ampleur du stress dans les entreprises », reprenant ainsi « l'une des recommandations du rapport d'experts qui lui a été remis hier ».
Le journal remarque que «la France partage avec les Etats-Unis le triste privilège d'être l'un des pays au monde où le stress au travail fait le plus de ravages ».
Le Parisien relève que « le phénomène y est même devenu un enjeu crucial de santé publique depuis l'épidémie de suicides qui a touché des entreprises aussi différentes que Renault, PSA, IBM, la banque HSBC ou la Poste ».
Le journal note que « les symptômes sont connus mais les causes de la grande déprime des salariés [sont] plus difficiles à expliquer. On retrouve en toile de fond la course à la productivité, les pressions de l'encadrement, les restructurations ou les accidents de carrière ».
Le quotidien cite Jean-Claude Delgenes, expert en prévention des risques, qui observe que « les médecins du travail ne sont pas formés et les entreprises ne savent pas comment affronter un tel phénomène ».
« D'où l'idée […] d'une grande enquête nationale menée chaque année par l'Insee », pour « identifier, d'ici à 2009, les secteurs les plus touchés de façon à y rendre obligatoire la tenue de négociations sur la détection et la prévention du stress »,
poursuit Le Parisien.
Les Echos abordent également ce rapport de Philippe Nasse, vice-président du Conseil de la concurrence, et Patrick Légeron, médecin psychiatre, sur « les risques psycho-sociaux au travail ».
Le quotidien retient que « Bertrand met la pression sur les entreprises ».
Le journal note en effet que « le ministère du Travail souhaite rendre obligatoires des négociations sur le stress dans les branches où le phénomène est le plus marqué et envisage un bonus-malus financier pour inciter les sociétés à mieux prévenir les risques psycho-sociaux ».
La Tribune observe que « Xavier Bertrand s’attaque au stress au travail », un « sujet souvent tabou ».
Le quotidien note que « dès 2009, une «veille épidémiologique» sur les suicides au travail sera mise en place et confiée à l’InVS ».
Le Figaro économie se penche aussi sur ce rapport d’experts, relevant que « le document insiste sur la nécessité de disposer d'un indicateur global du stress au travail ».
Gérard Mordillat remarque pour sa part dans Libération que « le stress est un faux nez pour ne pas nommer le mal qui ronge le monde du travail : la peur. Peur de mal faire, peur de ne pas faire assez ».
Le Nouvel Observateur relève quant à lui dans un dossier que « la souffrance au travail devient une priorité nationale ». (Rapport disponible sur le site des Echos)

par Florence BARBE publié dans : Stress au travail
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Jeudi 13 mars 2008

Paris, le jeudi 13 mars 2008 – Xavier Bertrand nourrirait-il une certaine nostalgie pour l’Avenue de Ségur, où il a occupé pendant plusieurs années les fonctions de ministre de la Santé ou de Secrétaire d’Etat à l’Assurance Maladie ? La conférence de presse qu’il a tenue hier pourrait le laisser croire.

Recevant un rapport sur les risques psychosociaux au travail rédigé par Philippe Nasse, statisticien et économiste et Patrick Légeron, médecin psychiatre, le ministre du travail a en effet annoncé l’adoption d’une série de mesures afin que la France puisse rattraper son retard par rapport aux autres états européens face à la lutte contre le stress lié à l’activité professionnelle. Le ministre s’est même fixé pour objectif que « d’ici deux ou trois ans la France soit au niveau des pays européens qui apportent les meilleures réponses ». Mais avant de s’entendre sur les mesures à adopter face à un mal qui est « évalué par le Bureau international du travail à 3 à 4 % du PIB » et qui serait en partie à l’origine d’un quart des arrêts de travail de deux à quatre mois, Xavier Bertrand entend établir un nouveau diagnostic. C’est ainsi que va être lancée une enquête nationale « afin d’identifier les secteurs et les branches où le stress est supérieur à la moyenne ». Cette étude est confiée à l’INSEE et sera réalisée à partir de questionnaires auto administrés. Ses premiers résultats seront connus dès 2009 a précisé le ministre du Travail. Xavier Bertrand a également souhaité que soit créée « une veille épidémiologique » spécifiquement dédiée au phénomène des suicides au travail. En ce qui concerne les mesures de prévention et de lutte contre le stress, elles seront évoquées lors de « la prochaine conférence sur les conditions de travail » prévue au printemps. Les recommandations de Philippe Nasse et Patrick Légeron seront alors étudiées. Les deux experts ont notamment voulu insister sur l’importance de mettre en place un « indicateur global » comme préalable à toute recherche sur le stress et à toute nouvelle action.

Tiré de www.jim.fr
par Florence BARBE publié dans : Stress au travail
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Jeudi 31 janvier 2008
Tiré du PANORAMA DU MEDECIN - 28 JANVIER2008 - N°5087

 

 Tal Ben-Shalar

REPÈRES Ancien champion de squash en Israël,

Tal Ben-Shahar est titulaire d’un doctorat en psychologie et en philosophie.

À l’université de Harvard, dont il est lui-même diplômé, il enseigne la psychologie positive, qu’il définit comme une «réflexion scientifique sur le fonctionnement humain optimal».

 

Professeur de bonheur à Harvard

 

 

Selon son éditeur, Tal Ben-Shahar, titulaire de la chaire de psychologie positive à Harvard, est l’un des enseignants les plus populaires de l’université « 20 % des élèves de Harvard passent par son cours, 99 % le recommandent et 23 % déclarent qu’il a changé leur vie», assure-t-il.

Tal Ben-Shahar vient de publier L’Apprentissage du bonheur, aux éditions Belfond. Le livre est préfacé par le psychiatre Christophe André, qui voit dans la psychologie positive « une autre façon de réfléchir à l’amélioration du bien-être humain, en se concentrant sur l’étude de ce qui construit notre santé, et non plus seulement sur ce qui l’entrave».

 

PANORAMA DU MÉDECIN : Le bonheur est-il une notion scientifique ?

TAL BEN-SHAHAR : Oui. Il y a peu de temps encore, on se contentait, pour mesurer le bonheur, d’analyser des questionnaires remplis par les intéressés. Nous sommes désormais capables de le mesurer de manière beaucoup plus objective. C’est ainsi que nous avons pu remarquer la correspondance entre les autoévaluations de leurs humeurs par les intéressés et les manifestations physiques, électriques ou chimiques dans le cerveau. Ma définition du bonheur est donc la suivante une combinaison de sens et de plaisir. Ainsi,  si je suis en train de travailler, mais que cela a un sens à mes yeux, que c’est une chose importante pour moi, qui me procure du plaisir, alors je fais l’expérience du bonheur.

 

La définition du bonheur est-elle universelle?

Les grands principes sont universels, mais des particularités existent, en fonction des continents et des individualités. Car il y a bien six milliards de façons d’être heureux. Toutefois, on constate qu’en Amérique du Nord, par exemple, ce qui a du sens aux yeux des gens et leur apporte du plaisir, c’est avant tout la réussite personnelle.

En Europe également, l’individuel importe beaucoup. Alors qu’en Orient, en Chine notamment, les buts poursuivis tiennent plutôt du collectif.

Même constat en Afrique, où les objectifs des individus s’orientent souvent vers le bien de leur communauté. Ce qui est certain, c’est que quel que soit leur pays, les hommes ont besoin de trouver un sens à leur vie, d’éprouver du plaisir et de vivre heureux.

 

Les philosophes débattant sur ce thème depuis des millénaires. Qu’avez-vous appris de nouveau ?

II n’y a pas tant d’éléments nouveaux à découvrir. Dans l’Antiquité, une vingtaine de philosophes discutaient de leurs vingt manières différentes d’expérimenter ou de définir le bonheur Ce que nous pouvons faire de plus, c’est l’expérimentation. Grâce à des méthodes scientifiques et aux dernières technologies, nous pouvons comprendre comment les choses marchent. Un exemple,  de plus en plus de recherches portent sur la méditation. Une technique ancestrale, utilisée essentiellement en Orient ou dans le cadre de pratiques religieuses. Nous savons aujourd’hui, notamment grâce aux résultats fournis par des IRM, qu’une pratique régulière de la méditation modifie la structure du cerveau. Trente minutes par jour, pendant huit semaines, suffisent à en changer le fonctionnement, la partie gauche du cortex préfrontal devenant plus active que la partie droite. Or, il se trouve que la partie gauche du cerveau est associée aux émotions positives et, pour nos émotions douloureuses, à la capacité de résilience.

 

 

 

Quel est le contenu de votre enseignement ?

Le cours de psychologie positive est interdisciplinaire. J’aborde des disciplines aussi variées que la psychologie sociale, la neuroscience, la philosophie... J’utilise tout ce qui, à mon avis, peut contribuer à enrichir la vie de mes étudiants et les rendre plus heureux. C’est un enseignement relativement nouveau, même si on le dispense de plus en plus fréquemment dans les universités américaines. Et même ailleurs. Car les gens commencent à comprendre certaines choses.

D’abord, que l’université n’a pas seulement pour mission de transmettre de l’information, mais qu’elle doit aussi aider ses étudiants à mieux remplir leur vie. Ensuite, que si nous souhaitons que nos futurs avocats, médecins, salariés.., soient toujours plus productifs et créatifs, nous devons aussi nous préoccuper de comment ils vont sur un plan personnel, et pas seulement professionnel. Car de nombreuses études prouvent que les personnes dont l’état d’esprit est positif sont généralement plus productives, plus créatives, mais aussi plus motivées au travail. À l’université, on ne doit donc pas seulement apprendre les codes de sa future profession. On doit aussi découvrir son propre mode de fonctionnement.

 

Quelles réactions a suscité l’enseignement à Harvard d’un cours de bonheur ?

Au début, la plupart des professeurs et des étudiants ont été surpris. Sceptiques, même. Certains estimaient que ce cours n’avait pas sa place dans une académie universitaire digne de ce nom. Mais ces réticences ont disparu dès lors que les cours ont commencé et que les inquiets sont venus y assister. Ils ont pu constater que l’enseignement reposait sur des recherches menées par des scientifiques. Que ce n’était ni du développement personnel, ni une technique new age de quête du bonheur, mais simplement un cours de sciences sociales tout ce qu’il y a de plus sérieux.

 

Ne craignez-vous pas que certains étudiants s’inscrivent à votre cours comme à une psychothérapie ?

Je ne pense pas, en tout cas, que mon cours puisse remplacer un suivi psychologique ou un traitement médical. Mais je crois qu’il peut les compléter. La plupart des gens rêvent d’être encore plus heureux, même s’ils vont déjà bien. Et même s’ils se sentent mal, d’ailleurs. C’est ici que mon cours peut avoir un rôle à jouer.

Je vais vous citer une étude menée en Caroline du Nord, mais il y en a beaucoup d’autres sur le sujet. II a été démontré que trente minutes d’exercice, trois fois par semaine, pouvaient produire un effet similaire à celui de puissants traitements psychiatriques contre la dépression. Cela ne signifie évidemment pas que l’exercice physique peut remplacer tout le reste. Simplement que l’activité sportive peut trouver sa place dans une guérison, au même titre que le traitement médicamenteux.  Malheureusement, les résultats de ces études sont encore trop méconnus et donc insuffisamment exploités.

 

Vous écrivez que plus la qualité de vie augmente, plus le taux de dépression augmente. D’où vient ce paradoxe ?

 Parmi les multiples raisons qui expliquent ce phénomène figure le fait que, dans notre monde moderne, nous sommes de plus en plus occupés. Nous essayons de faire un maximum de choses en un temps toujours plus court. Nous n’avons plus de temps pour prendre soin de nous ou pour apprécier nos vies. Ces conditions sont créatrices de stress, d’anxiété, voire même de dépression.

Ensuite, il est prouvé que le fait d’entretenir des relations proches avec ses semblables -qu’il s’agisse de son âme soeur, de son meilleur ami, de sa famille- déterminent en partie  le bien-être. Or nous ne prenons pas non plus assez le temps de voir ceux à qui nous tenons et qui tiennent à nous. Ce que je vous dis vous semble peut-être d’une grande simplicité et effectivement c’est le genre de chose que votre grand-mère aurait pu vous dire. Mais justement, nos grand-mères avaient une expérience que nous n’avons pas ou plus. Et cet éloignement de nos proches nous fait payer le prix fort.

 

Un Européen sur quatre se dit très heureux.

À votre avis, qu’en est-il des autres ?

Interrogez des gens un peu partout dans le monde, et la plupart vous diront sans doute qu’ils sont heureux. Mais aussi qu’ils aimeraient l’être plus encore. En fait, la question n’est pas tant de savoir si une personne est heureuse ou pas, mais de savoir si elle souhaite améliorer sa qualité de vie. Toutefois, à côté de toutes ces personnes qui se disent heureuses, on rencontre également un nombre croissant de personnes dépressives, parfois sous traitement, et de suicides. Ces statistiques sont inquiétantes dans la mesure où elles ne vont pas en s’arrangeant. Nous disposons pourtant de médicaments de plus en plus efficaces. Comment inverser la tendance? La psychologie positive a beaucoup à offrir. Ce ne sera pas la panacée et cela ne résoudra pas tout, mais il y a beaucoup à en tirer.

 

En France comme aux Etats-Unis, les livres de développement personnel se vendent très bien. Comment différencier les bons des mauvais?

Il y a d’excellents self help books, mais également de très mauvais. Ces derniers font plus de mal que de bien. Beaucoup de ces ouvrages promettent bien plus que ce qu’ils peuvent effectivement offrir à leurs lecteurs. Ceux qui vous promettent « le bonheur en cinq étapes faciles » par exemple. Une personne qui suit attentivement ces cinq étapes s’attendra à devenir heureuse. Or  évidemment, il n’existe pas de recette miracle. Le lecteur prendra alors conscience de son malheur et se dira que le problème vient de lui. Il ressortira de cette expérience, blessé. Si les ouvrages de mieux-être sont souvent inefficaces, c’est parce qu’ils ne sont qu’exceptionnellement soumis à l’épreuve de la méthode scientifique.

Face à un livre de ce type, le seul moyen de savoir s’il est bon ou mauvais, c’est donc l’expérimentation.

Tout comme on procéderait pour juger de l’efficacité d’un traitement.

C’est ici qu’intervient la psychologie positive: elle confronte toutes ces idées sur le mieux-être à la science.

Elle fait office de passerelle entre le savoir académique et la culture populaire.

PROPOS RECUEILLIS PAR PAMELA MESSI

 

 

L’Occident tenté par l’économie du bonheur

L’économie du bonheur existe. Et elle n’a rien d’une discipline ésotérique.

L’un de ses plus célèbres théoriciens s’appelle Richard Layard. Enseignant respecté à la London School of Economics, il milite pour la prise en compte du bien-être, individuel et collectif, dans l’économie. Ce qui suppose de mesurer l’impact des politiques économiques sur la vie des populations.

Son programme * : réduire la mobilité géographique (car la proximité avec ceux qu’on aime est indispensable au bonheur), accroître les dépenses en faveur de la santé mentale (un adulte anglais sur six connaît la dépression), développer l’ « éducation morale» (être heureux dépend de certaines valeurs) et convaincre les entreprises de ne plus rémunérer au mérite (source de rivalités mais aussi d’humiliations).

Pour les « économistes du bonheur », les politiques publiques ne peuvent plus tendre exclusivement vers la croissance. Et le produit intérieur brut (PIS), indicateur productiviste fondé sur la seule création de richesses, apparaît comme un outil dépassé.

«Il est temps de prendre conscience du fait que les questions de mesure et d’indicateurs économiques sont liées à des conceptions et des projets de société », déclarait en novembre dernier le conseiller à la Cour des comptes Patrick Viveret, dans un entretien à Philosophie magazine. Je propose de remplacer le PIB par de nouveaux indicateurs  qui intégreraient la  dimension écologique, sociale et le bien-être »

Remplacer le PIB par le bonheur intérieur brut (BIB) ? Progressivement, l’idée fait son chemin. Jusque chez les experts de l’Organisation de coopération  et de développement économiques (Ocde). En juin dernier, à Istanbul, mille deux cents spécialistes réunis par l’Ocde pour son forum mondial «Statistiques, connaissances et politiques», se sont ainsi demandé « comment mesurer le progrès des sociétés»

Parmi les invités, l’émissaire du Bhoutan. Dans les années 1980, ce petit royaume himalayen a décidé de remplacer le PIB par le BIB en s’appuyant sur quatre règles : la bonne gouvernance, la protection de l’environnement, une économie « équitable » et le respect des traditions. L’ONU et la Banque mondiale, qui recourent déjà depuis 1990 à un indice de développement humain (IDH) prenant en compte, à côté du niveau et de l’espérance de vie le taux d’alphabétisation des populations, s’intéressent de très près à ce modèle. Certains statisticiens jugent difficile de mettre au point un indicateur synthétique agrégeant l’économie, l’environnement et la psychologie. Mais la plupart reconnaissent désormais que des indicateurs complémentaires pourraient, à côté des indicateurs économiques, mesurer les droits de l’homme ou la qualité de la gouvernance.

* « Happiness: lessons from a new science » (2006)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Florence BARBE publié dans : Sophrologie
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Jeudi 31 janvier 2008

S’il était déjà connu que le stress au travail favorise les pathologies cardiaques, aucune étude n’en avait pour le moment établi les mécanismes. C’est chose faite, avec la publication avancée dans l’European Heart Journal d’une étude britannique. Ce travail a porté sur l’analyse épidémiologique de 10 308 fonctionnaires qui ont été suivis pendant douze ans.

Les auteurs ont tout d’abord confirmé que l’exposition au stress dans le cadre du travail augmentait le risque de maladie coronarienne. Mais surtout, ils ont pu établir que ce lien était indépendant des autres facteurs de risque cardiovasculaires, et était dû à un phénomène physiopathologique particulier, via le système neurovégétatif. Ainsi, ils ont montré que le stress chronique entraînait une augmentation des taux matinaux de cortisol ainsi qu’une moins bonne adaptation du système cardiovasculaire, pouvant expliquer de façon majoritaire les affections cardiaques observées. Pour les auteurs, les modifications du mode de vie (sédentarité, tabac, alcool...) et  le syndrome métabolique liés au stress au travail n’expliqueraient les troubles cardiaques que dans une proportion de 32 %.

European Heart Journal. Édition avancée en ligne du 23 janvier2008.

 

PANORAMA DU MEDECIN -  28 JANVIER 2008 -  N°5087

par Florence BARBE publié dans : Stress au travail
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Samedi 26 janvier 2008

Quels aménagements pédagogiques ?

 

Décret du 24 août, Dispositifs d’aide et de soutien pour la réussite des élèves à l’école : « Tout au long de la scolarité primaire, des aménagements appropriés sont prévus au profit des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières qui montrent aisance et rapidité dans les acquisitions scolaires. Leur scolarité peut être accélérée en fonction de leur rythme d’apprentissage. »

 

Décret du 24 août, Dispositifs d’aide et de soutien pour la réussite des élèves au collège : « À tout moment de la scolarité, une aide spécifique est apportée aux élèves qui éprouvent des difficultés dans l’acquisition du socle commun ou qui manifestent des besoins éducatifs particuliers, notamment …des aménagements au profit des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières. En accord avec les parents ou le représentant légal, leur scolarité peut être accélérée en fonction de leur rythme d’apprentissage. Le cas échéant, ils peuvent bénéficier de toutes les mesures prévues pour les élèves qui rencontrent des difficultés. »

 

Lorsqu’un élève intellectuellement précoce est en souffrance, il convient de tout mettre en œuvre pour aménager sa scolarité. La première étape consiste à évoquer la question en provoquant une réunion d’équipe éducative, à laquelle est associée la famille. L’équipe éducative propose de mettre en place un programme personnalisé de réussite éducative (PPRE, Décret du 24-8-05). Le programme personnalisé définit l’ensemble des actions qui seront conduites pour répondre aux besoins éducatifs spécifiques de l’élève…Il prend appui sur un dispositif d’évaluation des compétences acquises et des difficultés à différents paliers de la scolarité (GS / CP, CE2, 6ème).

 

Il peut en outre comprendre un volet pédagogique individualisé, sous la forme d’un projet d’accompagnement de la scolarisation (PAS), qui définit les aménagements pédagogiques, l’enrichissement du parcours scolaire. Il implique un engagement de toute l’équipe éducative, coordonnée par le directeur d’école ou le chef d’établissement.

 

Ce projet individualisé :

-          est établi sur la base d’un diagnostic réalisé à partir des évaluations conduites au début de chaque cycle, par les membres de l’équipe enseignante ;

-          est élaboré en concertation avec l’élève et sa famille ;

-          prévoit des anticipations ou des enrichissements dans certains domaines, un soutien dans d’autres domaines et le cas échéant des aides spécialisées pour traiter les difficultés les plus lourdes

-          fait l’objet d’une évaluation régulière et de réajustements si nécessaire

 

Les élèves intellectuellement précoces pour lesquels l’équipe élabore un PAS peuvent se voir apporter diverses réponses, afin de construire un parcours individualisé, fondé sur un bon repérage des difficultés et des potentialités :

Adaptation des rythmes d’apprentissage aux besoins de chaque élève

-          Possibilité d’une certaine “ accélération ” des cursus : progresser à son rythme, à partir des compétences de fin de cycle

-          Élaboration de projets et d’emplois du temps individualisés contrat par période

-          Inscription dans une classe à cours multiples : souplesse dans l’organisation pédagogique

-          Possibilité de suivre certaines disciplines dans une autre classe

-          Augmentation de la quantité de travail dans les domaines de réussite

 

Offre d’itinéraires différenciés et de véritables possibilités “ d’enrichissement ” des contenus

-          Apports supplémentaires : aller plus loin dans le programme, acquérir des connaissances “supplémentaires ”, traiter des problèmes plus difficiles …

-          Activités prenant en compte les motivations des élèves et leurs questionnements, et faisant appel à leur autonomie, (recherches à présenter sous forme d’exposés,…)

-          Développer « toutes les intelligences » : éducation littéraire, scientifique, artistique…(itinéraires de découverte dans le second degré), classe bilangue

-          Activités péri-éducatives ; « jeux intellectuels fortifiants »

-          Vie citoyenne : délégué de classe

 

Apport, à tous les niveaux, d’une aide adaptée aux difficultés constatées:

-          Soutien et compensation dans des champs où des manques et des difficultés sont apparus

-          Tutorat entre élèves ou par un adulte

-          Groupes de compétences, notamment à partir des résultats aux évaluations nationales

 

Favoriser des modes de relations régulières avec l’élève et sa famille :

-          Espace de parole : désignation d’un tuteur adulte auprès duquel l’élève peut se confier (professeur principal ou autre) ; ce tuteur coordonne la mise en œuvre du PAS

-          Rôles respectifs du directeur d’école ou du chef d’établissement, des enseignants, du psychologue scolaire ou du COP, des partenaires extérieurs le cas échéant

-          Appui sur un dispositif d’évaluations des compétences régulières (GS-CP, CE2, 6ème,…)

 

L’implication de toute l’équipe éducative, rassemblée autour du projet d’école ou d’établissement coordonné par le directeur d’école ou le chef d’établissement, constitue un élément essentiel pour la réussite de la prise en compte des besoins éducatifs spécifiques des élèves intellectuellement précoces.

 

 

Bibliographie

Delaubier, Jean-Pierre. 2002. La scolarisation des élèves « intellectuellement précoces », http://www.education.gouv.fr/rapport/delaubier.pdf

Terrassier, Jean-Charles - Gouillou, Philippe. 2001. Guide pratique de l’enfant surdoué, ESF

Vrignaud, Pierre -Tazouti, Youssef - Flieller, André. 2005. Comparaison des relations entre l’éducation parentale et les performances scolaires dans deux milieux socio-culturels contrastés (populaire et non populaire). Revue Française de Pédagogie

par Florence BARBE publié dans : EIP
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Samedi 26 janvier 2008

EIP : quels problèmes scolaires ?

 

Parmi les enfants intellectuellement précoces, une partie importante (deux tiers ?) ne pose pas de problème particulier. En revanche, les autres sont confrontés à des difficultés :

 

Quelques traits communs : des aptitudes, des caractéristiques correspondant aux aspects de l’intelligence évalués à travers le quotient intellectuel :

-          la mémoire ou la rapidité du traitement de l’information 

-          la mémoire de travail contient plus d’informations, la durée de stockage y est plus longue

-          la curiosité, l’aisance dans la communication orale, la richesse du vocabulaire, la capacité de s’approprier des connaissances par ses propres moyens …

 

Mais avant tout le constat de difficultés significatives dans le déroulement des parcours scolaires : soit des troubles comportementaux importants, soit des difficultés spécifiques dans les apprentissages scolaires, soit, plus globalement, un malaise, un “ mal-être ”, un sentiment d’ennui qui a pu les conduire à un véritable rejet de l’école.

Ces enfants sont susceptibles de rencontrer trois types de difficultés :

 

-          des difficultés liées à l’écart entre les aptitudes fortes dans certains champs d’activité intellectuelle et leur moindre aisance, voire leurs manques, dans d’autres domaines : déséquilibre entre les potentialités supérieures à la moyenne (par exemple, la richesse du vocabulaire, la lecture, la langue orale, la mémoire …) et des insuffisances marquées (l’écriture, la présentation des devoirs et des cahiers, les savoir-faire pratiques, la capacité à entrer en relation et à coopérer avec l’autre, l’organisation du travail, la maîtrise des gestes et des émotions, les activités physiques …)

 

-          une difficulté centrale : l’incapacité (ou la faible capacité) à s’adapter aux situations scolaires avec ses conséquences (isolement, ennui, rêverie, agitation, refus de l’école….) : attendre les autres, adopter une méthode,… Il est cependant évident que cette inadaptation peut prendre une intensité et une forme tout à fait différentes d’un enfant à l’autre en fonction de sa personnalité mais aussi des contextes scolaires (et autres) dans lesquels il évolue. L’attitude de l’enseignant et des parents, leurs relations, les choix pédagogiques et le type d’école ou d’établissement ont une influence déterminante.

 

-          des difficultés personnelles sans lien direct (au moins apparent…) avec les potentialités repérées à travers le quotient intellectuel : ces enfants sont, comme les autres, engagés dans une histoire affective et sociale.

 

 

On peut dire que l’examen de la situation de ces élèves révèle quatre besoins :

 

1.      Un besoin de reconnaissance : porter sur eux (comme sur tous les élèves “ un peu plus différents que les autres ”) un regard bienveillant et compréhensif. Ceci impose, en amont, un repérage précoce et une analyse juste de leur situation, si complexe soit-elle.

 

2.      Un besoin de prévention, de remédiation et, parfois, de soin

 

3.      Un besoin de motivation : qu’ils puissent trouver “ en classe ” des réponses aux questions qu’ils posent, des connaissances, mais aussi une aide et des stimulations. Il convient qu’il soient heureux d’aller à l’école.

 

4.      Un besoin d’équilibre : l’école doit aussi compenser leur tendance à surinvestir les domaines intellectuels. Pas à pas, ils doivent être accompagnés dans leur éducation sociale, physique, affective, morale. Ils ont à aller vers les autres, à apprendre à travailler avec eux, à découvrir l’importance de la vie corporelle, à constater la nécessité des savoir-faire pratiques et l’importance de l’intelligence du geste, à passer par le détour des méthodes et de l’organisation pour être plus efficaces, à se montrer capables de bien dessiner, de remettre aux autres des travaux propres et bien présentés.

par Florence BARBE publié dans : EIP
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Samedi 26 janvier 2008

Qui sont-ils ? Repérage : quels indicateurs ? référence : rapport Delaubier Avril 2002

 

Elève qui manifeste la capacité de réaliser, dans un certain nombre d’activités, des performances que ne parviennent pas à accomplir la plupart des enfants de son âge, qui dispose, au moment de l’observation et dans les domaines considérés, d’aptitudes nettement supérieures à celles de la moyenne de sa classe d’âge. Ce concept est relatif puisqu’il dépend :

-          des domaines pris en compte (un enfant n’est pas “ surdoué ” de manière uniforme dans tous les champs d’activité),

-          et surtout du seuil que l’on fixera pour définir la population “ surdouée ” (10% des enfants obtenant les meilleures performances ? 5% ? 2% ? 1 % ?).

 

Le seul outil communément admis pour délimiter ce groupe d’enfants est le quotient intellectuel (QI) déterminé à partir de batteries de tests tels que le WISC. Un enfant est donc considéré comme appartenant à la population “ surdouée ”, si son quotient intellectuel a été reconnu exceptionnellement élevé à l’issue d’une évaluation rigoureuse conduite par un psychologue. Il faut souligner que le quotient intellectuel permet seulement de situer les performances d’un individu par rapport à celles de l’ensemble de la population de son âge. Il ne repose plus, comme lors de sa création, par l’allemand Stern, sur la notion d’âge mental. Le seuil de 130 est le repère le plus communément admis (ce qui représenterait autour de 2,3 % de la population, soit un peu moins d’une personne sur 40).

 

La référence au quotient intellectuel appelle un certain nombre de réserves : caractère réducteur, relatif et arbitraire, augmentation des performances aux tests au cours des générations, mesure du QI pas indépendante du contexte socioculturel.

 

Plus que d’identifier les élèves à haut quotient intellectuel, il s’agit de se montrer attentif à des profils complexes révélant la coexistence de signes de précocité ou d’aptitudes particulières et de difficultés à réaliser, à “ épanouir ” ces potentialités.

 

-          seuls les élèves intellectuellement précoces qui « posent problème », parce qu’ils se trouvent soit en difficulté scolaire, soit en souffrance personnelle, nécessitent des aménagements 

-          il est important d’identifier au plus tôt la précocité intellectuelle, et de l’objectiver : l’élève comprend pourquoi il est différent et comment il fonctionne ; son entourage met tout en œuvre pour favoriser sa stimulation intellectuelle (si possible diagnostic avant le cycle 3)

-          tous les acteurs engagés dans l’éducation peuvent contribuer à ce repérage : enseignants, enseignants spécialisés de RASED, psychologues scolaires et conseillers d’orientation psychologues, personnels de santé, …

 

Comme pour toutes les difficultés scolaires, le repérage dès l’école maternelle est la première condition d’une prévention efficace. Toutefois, ce repérage ne doit pas prendre la forme d’un dépistage systématique qui conduirait à faire passer des batteries d’épreuves telles que celles de Wechsler à tous les jeunes enfants. Il s’agit de se montrer attentif à des profils complexes révélant la coexistence de signes de précocité ou d’aptitudes particulières et de difficultés à réaliser, à “ épanouir ” ces potentialités. Si l’enseignant repère certains des indicateurs suivants, il peut penser nécessaire d’inciter la famille à faire effectuer un bilan le plus complet possible, par le psychologue scolaire ou libéral. C’est le croisement de plusieurs indices qui doit alerter. Ces indicateurs peuvent aussi révéler des besoins d’autres natures.

par Florence BARBE publié dans : EIP
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